mercredi, novembre 11, 2009
Réminiscences
Ce sentiment de toujours échouer là où j'ai tant d'attentes, trop d'attentes.
Je suis comme ces chiens abandonnés, qui, fous d'amour donnent trop et s'emportent dans la tendresse, au risque de blesser leur maître dans des démonstrations incontrôlées.
Je fais un très bon chien d'avalanche.
Je suis un très mauvais chien de salon.
Je voudrais juste pouvoir apprendre.
dimanche, novembre 01, 2009
Gourmandise
Ecrire mes mots,
Ceux que mes lèvres n'osent pas dire,
Que ma pudeur vous laisserait lire.
Ecrire en saveur ce que ma langue rêve
Ecrire au chocolat amer,
Ce que ma langue en caresses mouillées,
Viendrait gourmande, doucement effacer.
Vous gouter de ma bouche, de mes lèvres
Et continuer ce jeu sans trêve,
Jusqu'à ce que votre corps tendu,
A notre plaisir se soit rendu.
Paroles...
Pour autant, cela ne signifie pas que les mots soient une fin... Il faut agir aussi. Les mots ne suffisent pas.
Je l'ai longtemps cru pourtant. Avec une naïveté que je me reproche un peu maintenant, je pensais que, comme pour moi, les mots valent des serments. Je fais et pense ce que je dis.... je dis ce que je fais et pense. La valeur de la parole donnée n'existe pas dans ce monde moderne. Même la parole écrite tant à être galvaudée, et dénuée de valeur.
Chacun triche avec me sens, et se calfeutre derrières des mots-masques ou des mots-menteur. Il devient facile de "jouer" à vivre et non plus de vivre. Ravalés au monde infantilisant du si "on faisait comme si"...
Je ne veux pas jouer, je veux vivre, au risque de me blesser, au risque de me tromper. Je veux mes choix, ils sont miens. Et si je me trompe, et bien j'apprendrai. Et cela me sera une force et non une blessure d'orgueil.
La vie n'est pas une petite chose bien proprette, un objet d'art élégant à regarder.... c'est un objet quotidien, usé et ravaudé, cassé et réparé, mais qu'on aime et dont on ne se sépare pas car il porte en lui toute notre âme, toute notre essence.
mardi, octobre 27, 2009
Vivre
Et chaque être, perdu dans sa solitude,
Erre en silence pour chercher une quelconque issue
Au tragique destin de son existence.
Seuls les fils d'Ariane que sont les liens d'amitié et d'amour,
Qu'il tisse avec les autres dans ce même labyrinthe,
Lui donnent le courage de continuer à chercher et à avancer chaque jour.
Sans ces fils d'Ariane, l'être humain sombrerait dans la folie,
Compendrait qu'il n'est rien et se donnerait la mort.
Mais il sait que d'autres, comme lui, cherchent la sortie
Et il se doit de les accompagner dans cette quête.
Car, pour son malheur, pour son plus grand malheur,
Il croit qu'il y a une sortie.
C'est pour cela qu'il reste en vie et que,
Du labyrinthe de l'existence,
Il fait une prison dorée qui pourrait
un jour devenir son paradis.
samedi, octobre 24, 2009
tendre manège
Reculant pour juger de l'effet de cette nudité masculine liée à quelques centimères de satin, je donnai un leger mouvement au ruban , le tendant légèrement.
"Allez va!!" ai-je intimé en maitresse capricieuse et gâtée, encore toute enivrée du parfum de son corps mêlé à mes cheveux.
Evidemment, il n'avait pas bouger d'un pouce. Scrupuleusement immobile, Il me fixait de ses yeux noirs pour me défier silencieusement. Je ne voyais que les étoiles de ses yeux sombres et me venait l'envie de me noyer dans leur lumière dansante.
Serai-je faible et le laisserai-je imposer sa volonté? Serai-je forte, et imposerai-je mes règles?
"Allez tourne" insistai-je, avec un rien d'impatience.
Il vint devant moi, et déclara doucement mais fermement : "non".
Ma main sur sa joue claqua. Quelle insolence!
"Monsieur l'écureuil ne decide pas! Il doit obéir!"
Dans mon coeur la tendresse explosa avec une violence qui me donnai l'envie de l'embrasser fiévreusement, mais je me retins.
Je saisis la cravache abandonnée sur un sofa, et d'un mouvement léger du poignet, je lui donnai l'impulsion pour demarrer le mouvement. Il fit un pas et s'arrêta. La cravache claqua légèrement sur sa croupe pour le remettre au pas, le guidant doucement pour qu'il maintienne son allure. Et claquant chaque fois qu'il faisait mine de ralentir.
Le facétieux faisait parfois mine de changer de direction, ou simplement de reculer. A chaque fois la cravache le ramenait prestement à la raison, tant et si bien que sa croupe se zèbrait d'un joli rouge qui soulignait ses désobéissances.
Enfin, lasse de ce manège qui le tenait trop loin de moi, et de l'obéissance finalement obtenue, je posais la cravache et tirai sur le ruban pour ramener à moi mon amant sage et soumis.
Il méritait bien sa récompense. Pour moi, il pela une pomme, que je coupais en lamelle.
Je fis un jeu de lui offrir ces lamelles à ma bouche et dans l'échancrure de mon corsage, semant ça et là des récompenses à venir quérir du bout des lèvres et de la langue.
samedi, octobre 10, 2009
Quand vient le soir
Heureux soient ceux qui ne doutent de rien, ni des autres, ni d'eux-mêmes....
Heureux les simples d'esprit... la Bible a raison, pour eux le paradis est proche, il est à portée de main.
Pour moi, rien n'est jamais acquis... rien ne s'acquiert. Tout est combat quotidien, contre soi même surtout. Je lutte sans relâche.
Lacan dit que l'amour c'est donner ce qu'on n'a pas... je ne suis pas sûre d'être d'accord avec lui... je crois que l'on peut posséder ce qui ne nous a jamais été donné, et je crois aussi qu'on est plus riche de tout l'amour que l'on donne.
L'important étant de savoir que recevoir en retour n'a pas d'importance, et ne conditionne pas cet amour donné... si on le gardait, il ne nous rendrait pas plus heureux, tout au contraire.
Je ne suis pas plus riche de l'amour qu'on me donne, je suis plus riche de l'amour que je donne.
Mais j'avoue que je chéris toutes les marques de tendresses et d'attention, car l'écureuil a raison, je suis à jamais vide ce que qui m'a manqué.... là est ma fatalité.
samedi, octobre 03, 2009
Chanson à l'aimé
J'entends mon bien-aimé.
Voici qu'il arrive,
sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines.
Mon bien-aimé est semblable à une gazelle,
à un jeune faon.
Voilà qu'il se tient
derrière notre mur.
Il guette par la fenêtre,
il épie par le treillis.
Mon bien-aimé élève la voix,
il me dit :
« Lève-toi, ma bien-aimée,
ma belle, viens.
Car voilà l'hiver passé,
c'en est fini des pluies, elles ont disparu.
Sur notre terre les fleurs se montrent.
La saison vient des gais refrains,
le roucoulement de la tourterelle se fait entendre
sur notre terre.
Le figuier forme ses premiers fruits
et les vignes en fleur exhalent leur parfum.
Lève-toi, ma bien-aimée,
ma belle, viens !
Ma colombe, cachée au creux des rochers,
en des retraites escarpées,
montre-moi ton visage,
fais-moi entendre ta voix ;
car ta voix est douce et charmant ton visage ».
Le cantique des cantiques (2-8,2-14)
vendredi, août 28, 2009
Moment de douceur.
Je me souviens toujours de cette promenade avant de nous quitter, entrecoupée de silences, de sourires et de mots échangés.
Vous parliez, surtout vous. Moi, comme souvent jusque ces derniers temps, j'étais intimidée, et je me sentais si maladroite. Alors je me contentais d'acquiescer. A ce moment là je n'imaginais pas un instant ce que vous me diriez plus tard. Mais je savourais pleinement le bonheur d'être près de vous.
Je ne sais pas ce qui s'est déchiré en moi, ou brisé, ou ce qui a grandi peut être, pour que je trouve ma place. Pour que je puisse sourire et vous parler. Et qu'il devienne si naturel pour moi de rêver de vos bras sur moi refermés et de vous en faire part.
A cet heure où l'angoisse n'est plus chassée par le quotidien et le brouhaha de la vie diurne, je songe à ce havre si doux, où rassurée et bercée tout contre vous, j'aurai le temps de souffler un peu, d'être petite et fragile un instant, et de redevenir forte et combative sous votre chaud regard sombre.